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Métiers & carrière

Intermittents du spectacle : les chiffres clés 2024 du secteur

Combien d’intermittents du spectacle en France ? Combien d’heures travaillent-ils réellement ? Qui les emploie, et où ? La publication statistique de France Travail sur l’emploi intermittent en 2024 (Statistiques et indicateurs #25.029, décembre 2025) donne une photographie précise du secteur : 305 000 salariés, 3,0 milliards d’euros de masse salariale, 129 millions d’heures travaillées.

Au-delà des grands volumes, ces chiffres racontent la réalité du métier : une année moyenne d’artiste, c’est 322 heures de travail — loin des 507 heures exigées pour ouvrir des droits. Panorama complet, puis lecture de ce que ces données impliquent concrètement pour votre parcours.

Les grands volumes de 2024

Indicateur2024Évolution sur un an
Salariés intermittents305 000 (305 124)−2,3 %
Masse salariale3,0 Md€+1,0 %
Heures travaillées129 millions+0,1 %
Employeurs (annexes 8 et 10)119 300+3,4 %
Contrats de travail exécutés5,0 millions+1,1 %

La baisse de 2,3 % du nombre de salariés est la première depuis la crise sanitaire. Elle ne traduit pas un effondrement : l’activité globale se maintient (heures stables, masse salariale en légère hausse) et l’effectif reste en progression de +24,7 % depuis 2010. On observe plutôt une concentration : moins de salariés, mais un volume d’activité inchangé, réparti sur davantage d’employeurs.

Rappel utile : ces chiffres couvrent les salariés relevant des annexes 8 et 10 de l’assurance chômage — respectivement les ouvriers et techniciens, et les artistes. Si la distinction ne vous est pas familière, notre guide sur les annexes 8 et 10 la détaille.

Qui sont les intermittents ?

  • 60,5 % d’hommes, contre 55,0 % dans le secteur privé. La féminisation est toutefois en cours : les femmes représentent 45,8 % des moins de 30 ans, contre 31,9 % des 50 ans ou plus. Depuis 2012, l’effectif féminin a progressé de 36,6 %, contre 14,5 % pour les hommes.
  • Âge moyen : 39,7 ans.
  • 38,6 % sont domiciliés en Île-de-France, loin devant l’Occitanie (9,4 %), l’Auvergne-Rhône-Alpes (9,0 %), PACA (8,5 %) et la Nouvelle-Aquitaine (7,3 %).

Artistes et techniciens : deux réalités économiques

La répartition des effectifs masque un déséquilibre économique marqué.

Artistes (annexe 10)Techniciens (annexe 8)
Emplois principaux195 000 (64 %)110 000 (36 %)
Heures travaillées62,8 M (48,5 %)66,7 M (51,5 %)
Masse salariale1,2 Md€ (40,2 %)1,8 Md€ (59,8 %)
Volume horaire moyen322 h/an605 h/an
Contrats moyens par salarié13,721,2

Les artistes sont presque deux fois plus nombreux, mais les techniciens travaillent en moyenne près de deux fois plus d’heures (605 h contre 322 h) et concentrent près de 60 % de la masse salariale. Parmi les artistes, les 81 000 professionnels de la musique et du chant représentent 41,7 % des effectifs artistiques ; côté technique, les 42 000 techniciens son, éclairage, vidéo et image pèsent 38,5 % des effectifs.

La fragmentation de l’emploi est une autre caractéristique forte : 16,4 contrats par salarié en moyenne dans l’année. 23,2 % des salariés n’ont fait qu’un seul contrat en 2024 (2,5 % de la masse salariale), tandis que 7,8 % en ont enchaîné 50 ou plus (19,1 % de la masse). Et 24,8 % des salariés ont travaillé 24 heures ou moins dans l’année, quand un salarié sur cinq, entre 720 et 1 439 heures, génère à lui seul la moitié de la masse salariale.

Qui emploie les intermittents ?

  • Spectacle vivant : 55,3 % des contrats et 49,7 % des heures.
  • Audiovisuel : 29,1 % des contrats, 38,9 % des heures — et surtout 52,1 % de la masse salariale. La production audiovisuelle, cinéma et animation représente à elle seule 47,0 % de la masse salariale pour 34,6 % des heures : c’est le segment le mieux rémunérateur du secteur.
  • 15,6 % des contrats sont signés avec des employeurs dont l’activité principale n’est pas le spectacle (particuliers employeurs, associations…), qui relèvent du Guso.

Autre enseignement : 34 800 employeurs des « secteurs professionnels » (29,1 % des employeurs) créent plus de 90 % de l’activité — 91,1 % des heures, 94,1 % de la masse salariale — avec en moyenne 27,5 salariés chacun, contre 4,1 pour les autres. 73 % des salariés travaillent exclusivement pour ces employeurs professionnels.

Ce que ces chiffres disent de la réalité du métier

À retenir : l’année moyenne d’un artiste, c’est 322 heures travaillées — soit environ 63 % des 507 heures exigées sur 12 mois pour ouvrir des droits à l’intermittence. La moyenne des techniciens (605 h) dépasse le seuil, celle des artistes en est loin.

Concrètement, ces statistiques éclairent trois réalités :

Atteindre les 507 heures n’a rien d’automatique. Le seuil des 507 heures n’est atteint que par une minorité de salariés du champ. Pour un artiste au volume horaire moyen, chaque source d’heures compte : cachets, répétitions déclarées et payées, mais aussi heures assimilées.

Diversifier ses activités est une stratégie, pas un aveu d’échec. Donner des cours en lien avec son métier peut apporter jusqu’à 70 heures (120 heures à partir de 50 ans) vers les 507 heures. Et les heures de formation suivies sont assimilables jusqu’à 338 heures, sous conditions strictes — un levier d’autant plus accessible que la formation peut être financée sans reste à charge via le CPF et l’abondement AFDAS.

Des filets existent en cas d’année creuse. Si les 507 heures ne sont pas réunies à la date anniversaire, la clause de rattrapage peut, sous conditions, prolonger l’indemnisation jusqu’à 6 mois pour compléter les heures manquantes.

Dans un secteur où un quart des salariés travaillent moins de 25 heures dans l’année et où l’audiovisuel concentre plus de la moitié de la masse salariale, se former — par exemple aux métiers de la production audiovisuelle — et sécuriser ses heures sont deux réflexes complémentaires pour durer dans le métier.

En résumé

  • 305 000 intermittents en 2024 (−2,3 %), pour 3,0 Md€ de masse salariale (+1,0 %) et 129 millions d’heures (+0,1 %).
  • 64 % d’artistes, 36 % de techniciens — mais 59,8 % de la masse salariale va aux emplois techniques.
  • 424 heures travaillées en moyenne par salarié : 605 h pour les techniciens, 322 h pour les artistes.
  • 38,6 % des intermittents vivent en Île-de-France ; l’audiovisuel est le segment le mieux rémunérateur.
  • Face à ces moyennes, diversification (enseignement, formation) et connaissance des dispositifs (clause de rattrapage) font la différence.

Les données citées proviennent de la publication France Travail de décembre 2025 portant sur l’année 2024 (champ : annexes 8 et 10, France entière + Monaco, sources AEM/DUS). Les règles d’indemnisation évoluent : seuls France Travail et les textes officiels font foi.

Questions fréquentes

Combien y a-t-il d'intermittents du spectacle en France en 2024 ?

En 2024, 305 000 salariés intermittents ont travaillé sous les annexes 8 et 10, précisément 305 124. C'est une baisse de 2,3 % sur un an, la première depuis la crise sanitaire, mais l'effectif reste en hausse de 24,7 % depuis 2010. Ils ont été employés par 119 300 employeurs et ont exécuté 5 millions de contrats de travail.

Combien d'heures travaille un intermittent du spectacle en moyenne ?

En 2024, un salarié intermittent a travaillé en moyenne 424 heures dans l'année, contre 415 en 2023. La moyenne cache un écart important : 605 heures par an pour les techniciens contre 322 heures pour les artistes. Près d'un quart des salariés (24,8 %) travaillent 24 heures ou moins dans l'année.

Y a-t-il plus d'artistes ou de techniciens parmi les intermittents ?

Les artistes sont majoritaires en effectif : 195 000 emplois principaux artistiques (64 %) contre 110 000 techniques (36 %). Mais les techniciens concentrent plus d'activité : 51,5 % des heures travaillées et 59,8 % de la masse salariale, soit 1,8 milliard d'euros contre 1,2 milliard pour les artistes.

Où travaillent les intermittents du spectacle en France ?

L'Île-de-France domine largement avec 38,6 % des intermittents domiciliés dans la région. Viennent ensuite l'Occitanie (9,4 %), l'Auvergne-Rhône-Alpes (9,0 %), la région PACA (8,5 %) et la Nouvelle-Aquitaine (7,3 %). Côté secteurs, le spectacle vivant concentre 55,3 % des contrats et l'audiovisuel 29,1 %.

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